Pigments

Création 2018


Création 2018
Concert slamé autour des textes de Léon-Gontran Damas


Le Projet

Nina Kibuanda Slam
Guillaume Hazebrouck Piano
Olivier Carole Basse


Né de la rencontre entre le slameur-poète Nina Kibuanda et le musicien Guillaume Hazebrouck, le projet Pigments prend forme à partir d’un choc –celui de la découverte des textes du poète Léon-Gontran Damas. Membre fondateur, avec Césaire et Senghor, du mouvement de la négritude, Damas en est le représentant le moins connu.


Pourtant, Damas nous frappe aujourd’hui par l’intensité, l’immédiateté, l’urgence de son propos. Son message, né en réaction aux oppressions coloniales et aux politiques assimilatrices, révèle aujourd’hui toute sa force. Comme le déclare Kathleen Gyssels en 2016 : «La poésie de Damas n’est pas passée ; au contraire, elle est plus actuelle que jamais. Les crises des banlieues (2004-2006), les raidissements identitaires, les désastres écologiques (dans les Guyanes et ailleurs…), l’inégalité des sexes et des ethnies, … tout retentissait déjà dans la poésie de Damas. »*  Une poésie qui nous invite à affirmer et revendiquer la porosité de nos identités : « « Démineur » de toutes les Lignes (de « race », de « classe », de « genre »), …Damas signe déjà la post-négritude tant le poète considère qu’il faut aller au-delà des dualités (blanc/noir, riche/pauvre, homme/femme) qui ont cloisonné la société française dans laquelle il vivait. »*

Il a été dit de l’écriture de Damas qu’elle est une poésie du graffiti tant sa langue nerveuse est faite de ruptures, d’itérations, de chocs. Une dimension proche de l’oralité qui permet également de la comparer au blues et au jazz, dont Damas fut grand amateur. 
 

Cette puissance du message et cette vivacité de la langue ne pouvait que fédérer les protagonistes du projet. Chez Nina Kibuanda, on retrouve l’urgence et la nécessité à dire, mais aussi à transcender la colère. Le musicien Guillaume Hazebrouck ne pouvait qu’être frappé et inspiré par le caractère d’immédiateté de cette écriture pendant littéraire à sa pratique de l’improvisation. Ensemble, vite rejoints par le bassiste d’origine martiniquaise Olivier Carole, ils décident d’en restituer, en mots et en sons, à la fois la véhémence et l’infinie tendresse. Jouant sur les possibilités sonores de leurs instruments, notamment le piano, emblématique de la tradition occidentale mais qui, préparé, déploie des possibilités percussives et sonores autres. Accentuant la dimension répétitive et rythmique de l’écriture, ils jouent des ruptures et de la scansion, jusqu’à la transe... Développant une vaste palette de modes de jeux et d’interactions, ils organisent un parcours tout en contrastes tendu entre vivacité et langueur, véhémence et apaisement, puissance et douceur. Pour chaque texte, s’invente un arrière monde, qui en est à la fois une lecture, un prolongement, une respiration…

* Kathleen Gyssels : Black-Label ou les déboires de Léon-Gontran Damas, Passage(s) Essais 2016

Pigments Névralgies est publié aux Editions Présence Africaine (1962)


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