Goodbye Love


Création 2017


Chloé Cailleton Voix
Guillaume Hazebrouck Piano, Fender rhodes
Erwann Jan Mise en scène, Vidéo, Lumière
 
Goodbye Love est un projet scénique -au croisement de la musique, du théâtre et de la vidéo, inspiré par le répertoire américain de chansons sentimentales des années 1930’, les « Torch Songs ». 
 
Le répertoire
Durant la première moitié du 20ème siècle, aux USA, l’association de compositeurs et paroliers, souvent immigrés, -George et Ira Gerschwinn, Richard Rodgers et Lorentz Hart ou Jerôme Kern et Dorothy Fields, a donné naissance à un immense répertoire de chansons populaires connu sous le terme de «Great American Songbook ».
Au sein de ce répertoire, les « Torch Song » se caractérisent par l’expression d’un amour contrarié ou non partagé. Soit la passion n’est pas réciproque, soit l’amour en question est perdu. L’origine du terme est liée à l’expression « to carry a torch for someone », soit « brûler d’amour pour quelqu’un ».
Les grandes interprètes féminines de « Torch Song » sont Mildred Bailey, Billie Holiday, Jo Stafford, Maxine Sullivan, June Christy, Chris Connor, Doris Day, Julie London, Anita O’day… Du côté masculin, Frank Sinatra ou Nat King Cole  en sont les plus illustres représentants.
Dans son ouvrage, « Torch singing : Performing resistance and desire from Billie Holiday to Edith Piaf  (Ethnographic Alternatives), l’essayiste Stacy Holman Jones observe que le « torch singing » est un phénomène plus complexe que la simple lamentation de la femme quittée auquel il est souvent réduit. Elle montre que les interprètes de « torch songs » insufflent à ces textes une dimension critique. Au-delà de l’expression d’un désir déçu ou d’un destin malheureux, l’auditeur  est l’observateur de la naissance d’une détermination empreinte de résistance et de volonté de changement.
 
L’ORIGINE du projet
Suite au spectacle Johnny’s Scrapbook, concert  dessiné qui mettait en scène la trajectoire du comédien « blackface » Johnny Hudgins, Goodbye Love est le deuxième volet d’un diptyque inspiré par les années 1930’. Pour autant, l’analogie entre les deux propositions s’arrête là tant leurs formes diffèrent. Le premier évoquait, par des moyens musicaux et graphiques, les débuts du cinéma - le second met en œuvre des moyens musicaux mais aussi scéniques et vidéo pour explorer la psyché amoureuse.
À l’origine de ce projet, il y a une passion, partagée par Chloé Cailleton, Guillaume Hazebrouck et Erwann Jan, pour la part de répertoire du jazz issu de la musique populaire américaine –dont l’exploration continue est une importante facette de la pratique des musiciens de cette esthétique. 

L’Intention musicale
En choisissant de travailler ce répertoire, notre intention n’est pas de le restituer dans sa forme originale, historique, mais bien d’en faire la matière d’une exploration contemporaine souvent en en conservant le dessin mélodique pour mieux en redessiner les contours rythmiques, les modes de jeu, l’environnement harmonique et sonore, voire les intentions. Pour cela, suite à un travail de transcription et de mémorisation, a lieu un travail de réécriture, en amont ou en répétition lors de séances de libre exploration du matériau.
Autre dimension non négligeable de ce matériau, le texte joue une part importante dans ces recherches. Élément souvent négligé par les musiciens, voire les vocalistes eux-mêmes, il recueille ici toute notre attention. En effet, à l’origine de ce projet préside le désir de donner à entendre ces textes à un public pas nécessairement anglophone par le truchement de moyens théâtraux, scéniques ou visuels.
 
A l’image des démarches que l’on peut trouver dans le champ des musiques anciennes ou baroques, mais qui sont moins fréquentes dans le jazz, nous avons joué aux  archéologues musicaux pour redécouvrir et exhumer un ensemble de thématiques rares et méconnues, parfois sans postérité aucune, à l’opposé donc de ce qu’il est convenu d’appeler les standards du jazz.
Parmi cet ensemble de découvertes, nous avons choisi d’explorer en profondeur une quinzaine de pièces sélectionnées pour leurs qualités textuelles et musicales, leur pertinence dans le projet et ce qu’elles nous inspiraient à la fois musicalement et scéniquement. Parmi celles-ci :
I’m the echo (Jerôme Kern/ Dorothy Fields) 1935
Silhouetted in the Moonlight (Johnny Mercer / Richard A. Whiting) 1937
My lost horizon (unknown composer and lyricist) 1941
Stop the Sun, Stop the Moon (Hart-Mercer Cook/ J.Russel Robinson) 1932
How am I to know (Jack King / Dorothy Parker) 1929
From another world (Richard Rodgers / Lorenz Hart) 1940
Thanks for the memory (Ralph Rainger / Leo Robin) 1938
Where are you ? (Harold Adamson Jimmy McHugh) 1937
Off Beat  (Leon Pober) 1960
Moments like this (Burton Lane / Frank Loesser) 1938
 
Avec le soutien de Musique et Danse en Loire-Atlantique (Dispositif Traverses), Le Petit Faucheux-Tours, l'Estran-Guidel, L'Espace Renaissance-Donges, le Champilambart-Vallet, le Grand Lieu-La Chevrolière, Le Conseil Régional des Pays de Loire, Le Conseil Général de Loire-Atlantique, La Ville de Nantes, La SPEDIDAM.
whereareyou.mp3 WhereAreYou.mp3  (12.12 Mo)


offbeat.mp3 OffBeat.mp3  (7.86 Mo)


stopthesun.mp3 StopTheSun.mp3  (6.28 Mo)