Johnny's Scrapbook

Tous Publics


Les artistes de la Cie Frasques ont découvert Johnny Hudgins par le court-métrage Sur un air de Charleston (1927) de Jean Renoir dont il est un des personnages principaux. Ils vous invitent à découvrir ce film plein d’esprit sous la forme d’un ciné concert et à prolonger cette séance par une conférence animée par l’anthropologue Emmanuel Parent.



Ciné Concert "Sur un air de Charleston"

Ciné Concert Tout Public et Jeune Public (à partir de 8 ans) Musique originale jouée en direct + temps d’échange 35’
Réalisé par Jean Renoir en 1928, Sur un air de charleston constitue un joyau méconnu du cinéma muet. Il confronte un mystérieux explorateur africain, Johnny Huggins, à une jeune danseuse indigène parisienne, Catherine Hessling, qui va l’initier aux joies du Charleston.
Après avoir suivi la trajectoire de Johnny Hudgins dans le spectacle Johnny’s Srapbook, les spectateurs découvrent avec le film de Jean Renoir le visage et le talent du danseur et comédien.
« Ce film qui joue et se joue de tous les stéréotypes (Blanc/Noir, homme/femme, sauvage/civilisé…) avec infiniment d’audace est le résultat de la rencontre stupéfiante de Renoir avec l’art scénique des afro-américains. » Yannick Séité


Conférence Ciné Concert Illustrée

Tous Publics avec Emmanuel Parent (conférencier) Olivier Thémines (clarinette) Guillaume Hazebrouck (piano) Guillaume Carreau (illustrations en direct) 1h

Suite à la projection de Sur un air de Charleston de Jean Renoir, l’anthropologue Emmanuel Parent, spécialiste des cultures noires américaines, conseiller scientifique de l’exposition Great Black Music à la Cité de la Musique à Paris, nous plonge dans le contexte historique et culturel des années folles et inscrit Johnny Hudgins dans le grand continuum des musiques noires, des spectacles de minstrels* du 19e siècle jusqu'au hip hop en passant par le blues et le jazz.

Cette conférence peut être donnée selon trois formats différents :
-  Conférence avec projection du film sans musique - Emmanuel Parent
-  Ciné Concert Conférence - Emmanuel Parent + 2 musiciens
- Ciné Concert Conférence Illustrée - Emmanuel Parent + 2 musiciens + 1 dessinateur/plasticien

* Le minstrel show, ou minstrelsy, était un spectacle américain créé vers la fin des années 1820 où figuraient chants, danses, musique, intermèdes comiques, interprétés d'abord par des acteurs blancs qui se noircissaient le visage, puis, surtout après la Guerre de Sécession, par des Noirs eux-mêmes. Les Noirs y étaient figurés comme ignorants, stupides, superstitieux, joyeux, et doués pour la danse et la musique. Les acteurs professionnels délaissèrent le genre vers 1910, mais des amateurs le firent durer jusque dans les années 1950. La montée de la lutte contre le racisme les fit disparaître définitivement.

Johnny Hudgins, tout comme son mentor Bert Williams, a dû se conformer aux codes du Blackface qui était l’unique moyen pour pratiquer son art. Toutefois il ne s’adonnait jamais aux parodies racistes qui caractérisaient ce type de spectacle. À sa manière aux côtés de Joséphine Baker, Duke Ellington ou Louis Armstrong, il a participé aux changements des consciences et aux émancipations qui eurent lieu au cours des années 20.  
 

Catherine Hessling et Johnny Hudgins dans "Sur un air de Charleston" de Jean Renoir (1927)
Catherine Hessling et Johnny Hudgins dans "Sur un air de Charleston" de Jean Renoir (1927)

 

Emmanuel Parent / Anthropologue

Après des études de philosophie et de musicologie, Emmanuel Parent a obtenu un doctorat d’anthropologie à l’EHESS en 2009. Sa thèse propose une anthropologie de la culture afro- américaine en partant du jazz comme "fait social total". Il s'intéresse aux représentations de la culture noire en Europe et en Amérique, et à la façon dont le jazz tisse le Même et l'Autre. Depuis 2004, il est membre du comité de rédaction de Volume ! la revue des musiques populaires. Depuis 2005, il est l'auteur de nombreuses conférences devant des publics variés : dans des médiathèques, des salles de spectacles, des centres de ressources, des festivals... Il intervient régulièrement au musée du quai Branly sur des conférences liées aux expositions temporaires et a collaboré en tant que conseiller scientifique à l’exposition Great Black Music de la Cité de la Musique à Paris.

Guillaume Hazebrouck / Pianiste et compositeur

Après un apprentissage multiforme, il se passionne pour toutes sortes de musiques rares ou méconnues - Morton Feldman, Federico Mompou, Henry Threadgill, Ran Blake, Herbie Nichols, Andrew Hill, Sun Ra. Fondateur de la Cie Frasques aux côtés du clarinettiste Olivier Thémines, il initie de nombreux projets musicaux et interdisciplinaires allants du solo jusqu’à la grande formation. Il a collaboré avec des artistes de nouveau cirque - Phia Ménard, Cie Vent d’Autan, mais aussi avec l’écrivain Tanguy Viel, les comédiens Daniel Znyk et Philippe Faure, le metteur en scène Marc Paquien, le dessinateur Guillaume Carreau…

Olivier Thémines / Clarinettiste et compositeur

Études au Conservatoire de Caen puis à la faculté de musique et musicologie de Tours, il aborde le jazz en autodidacte. Il fonde le Olivier Thémines Trio, formation avec laquelle il développe une écriture toute personnelle, et crée des programmes de ciné-concerts sur des films de Buster Keaton, ou dédiés à la musique de Duke Ellington. Il collabore avec René Botlang, Jacques Mahieux, le Xtet de Bruno Régnier ainsi qu'avec le chanteur Christophe Hiriart, le saxophoniste Jean Aussanaire, les contrebassistes Sébastien Boisseau et Bernard Santacruz... 

Guillaume Carreau / Dessinateur

La formation de ce dessinateur est singulière. C'est d'abord dans le domaine des arts appliqués que commencent ses études. Après sa formation de designer, il fonde l'agence de design : GRRR. Première onomatopée.
Curieux, il part à l'université de Nantes puis de Berlin pour y étudier l'histoire de l'art. C'est là-bas qu'il commence d'exposer ses dessins (Museum der Unehörten Dinge), des dessins techniques d'objets cassés ou naturels.
La bande dessinée devient alors son lieu de création. C'est à travers les commandes de Bédéification (ingénieux système de narration permettant à tout le monde d'endosser l'habit d'un héros de BD) qu'il se forge un style vif et efficace. Il collabore avec de nombreuses revues et y publie l'attaque du très grand rapide, Adieu désir et fait la rencontre des éditions Vide Cocagne chez qui, en 2012, paraît sa bande dessinée Les déserteurs héroïques.